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1935/1950 : Si Pontpoint m'était conté...

  • Les fermes
    Les fermes
  • Moyen de transport
    Moyen de transport
  • Café
    Café
  • Bouilleur de cru
    Bouilleur de cru
  • Logis Saint Gervais
    Logis Saint Gervais
  •  Des boeufs
    Des boeufs
  • Les champs
    Les champs
 
Ce document est extrait d'un mémoire que j'ai réalisé en 1997 dans le bulletin municipal, en faisant appel aux souvenirs d'un groupe d'anciens Pomponiens, les photos sont d'époque mais ne sont pas forcément celles de Pontpoint.

 Reliés par la route principale, qui est la seule goudronnée dans le village, les quartiers de Saint Paterne, de Saint Gervais, de Saint Pierre et de Moru vivent au rythme des 30 fermes existantes. On y pratique surtout la polyculture et l'élevage, mais on y trouve aussi, d'importantes cultures maraîchères.

 Deux fois par semaines, avec leur attelage, les fermiers se rendent à Creil distant de 17 kms, pour y vendre leurs produits. Partis dès 6 heures du matin, ils ne reviennent que le soir.

Plus de 1000 moutons sont gardés par les adolescents: un troupeau à Frapotel, un autre au Bois Pinson. La plaine Basse qui à l'époque ne compte aucun étang, est leur domaine de prédilection. Le plus grand troupeau compte quand même 290 têtes. Dans les fermes on trouve des vaches laitières, des boeufs, des chevaux pour les labours, des poulains, des veaux ainsi que de nombreux cochons et de très grandes basses-cours.

Pour les labourages on utilise des attelages, et la terre est retournée avec une charrue à soc reversible.Les moissons se font en commun, les fermiers utilisent la batteuse chacun leur tour, bien sur la convivialité n'est pas un vain mot.

Le cantonnier entretient les chemins , il étale les cailloux pour boucher les trous et stabiliser les ornières très nombreuses, surtout en temps de pluie. 
Une fois par mois "Moustache" passe avec son attelage, pour enlever les ordures qui sont en quantité minime, le recyclage n'est pas encore inventé et pourtant presque rien ne se perd.

Le petit train de sable venant d'Yvillers traverse Roberval et Moru, il arrive au bord de l'Oise, au Port, pour être déchargé dans des péniches alimentant la verrerie de Saint Gobain à Thourotte. Bien sur les garnement du village s'y accrochent pour y faire un petit tour.

On trouve d'immenses champs de pommes de terre, notamment à la ferme Mancheron. L'été pour un goûter ou des friandises, les enfants du village ramassent les doryphores. On trouve aussi beaucoup de pommiers, la commune en possède également. Les récoltes sont vendues aux enchères publiques, car tous les ans le bouilleur de cru passe avec son alambic. La goutte produite est coupée avec l'eau des fontaines, la bonne humeur s'installe au fur et à mesure de la production ( en principe controlée par le garde champêtre présent).

Le vin s'achète à la barrique et c'est le tonnelier Mr PERROT qui assure la mise en bouteilles aussi bien du vin qu'il vend, que celle du cidre produit par les fermiers.

Sur la place de l'Eglise, il y a un hanguar qui abrite la pompe à incendie et le corbillard (pour mèmoire au XIXème siècle Pontpoint à compté jusque 65 pompiers volontaires). Lors des enterrements les cerceuils sont portés par des porteurs manuels.

La police est assurée par Monsieur JULIEN, grand blessé de la grande guerre, amputé d'un bras, ne pouvant jouer du tambour, il rassemble la population à l'aide d'une cloche, impitoyable il n'hésite pas à verbaliser mêmes ses amis.

Deux forgerons font office de mécaniciens, l'une des forges est installée dans la salle du conseil municipal d'aujourd'hui. Le menuisier, également charron fabrique tout : les fenêtres, les roues, les brouettes, les échelles, et aussi les..... cerceuils.

Pas de médecin dans le village, il faut aller à Pont, à l'hôpital Georges DECROZE élevé grâce à des dons inter communaux. Le chirurgien est
Mr BELLE, c'est le grand père le la chanteuse Marie Paule BELLE. 
Titine Jourdain

Les soins sont assurés par une bénévole : Justine JOURDAIN (photo ci dessus), elle effectue les piqûres, les soins, les accouchements, elle fait aussi office de sacristain.

A l'instigation de l'abbé BERTIN, puis de l'abbé GARNIER, des processions sont organisées plusieurs fois par an dans le village Les communions sont l'occasion de grandes retrouvailles et de grandes ripailles. Lors de la messe dominicale à laquelle participe la plus grande partie de la population, un paroisien est désigné afin de fournir à l'assemblée le pain béni et les brioches, c'est un honneur pour celui qui a été désigné. A Pâques les enfants passent dans les maisons en agitant leurs crécelles, ils quémandent des oeufs ou de l'argent pour acheter des friandises au café de la Place de l'église.

Dans la commune, les écoles sont au nombre de trois: une privée pour les moins de 5 ans,une dans la mairie actuelle pour les 5 à 10 ans et rue Muller, une classe pour les 10/14 ans.On y prépare le fameux certificat d'études primaires. L'hiver pour chauffer la classe on doit amener sa bûche pour faire fonctionner le poële.

Au retour de l'école, les enfants participent aux travaux de la ferme ou des jardins. A 14 ans (après le certif') la plupart d'entre eux partent , ils sont placés dans les fermes ou au service des autres, aussi bien les garçons que les filles.

Le linge est lavé à l'eau des 6 lavoirs du village.On dénombre 9 cafés, une épicerie et un tabac qui partagent la clientèle locale.

Une petite fabrique de formes de chaussures fonctionne rue du Moncel et rue du Pont Saint Paterne se trouve une grande menuiserie qui fabrique des meubles pour un grand marchand parisien (LEVITAN). Plus tard cette usine deviendra ROTAVATOR, puis la CEJI ( qui employa jusque 250 personnes en période de pointe) et aujourd'hui elle abrite entre autre HARLY TAGH.

Vers 1936, rue Saint Gervais, ouvre le Logis Saint Gervais, il pouvait accueillir 300 danseurs qui venaient de toute le région. Les plus grands accordéonistes de l'époque y sont passés, ainsi que de nombreux artistes. Des concours de danse, de reines de beauté couronnent quelques jeunettes de Pontpoint qui s'y distinguent plusieurs fois.

On danse également chez ROMEO, rue Saint Pierre, à l'ombre de sa guinguette.

1940, les officiers allemands logent au logis Saint Gervais, au chateau rue du Moulin, et rue de la vieille église. Des prisonniers sanitaires sont regroupés au Moncel et au chateau Fabre rue Furon.
Dans les fermes on se débrouille pour faire du pain, on cultive les rutabagas, avec les betteraves on fait de la mélasse qui sert de sucre et avec l'orge on fait "du café". On fait aussi un peu de marché noir, mais ça il ne faut pas trôp en parler.

1946, la guerre est finie, la jeunesse locale veut vivre, on repart danser, on va à Chevrières, à Béthisy, à Longueil ou à Senlis, on s'y rend à vélo et s'il le faut à pied.

Début Juillet, c'est la fête communale, elle dure 3 jours: manèges, balançoires, bal. Le lundi est consacré aux jeux (courses à sac, mât de cocagne, course à la valise, etc.). On se couche très tard et pourtant, le mardi à l'aube, tout le monde est au travail.

Tout ça se passait il y a bien longtemps, et pourtant pour ceux qui me l'ont raconté les yeux brillants c'était hier.

D.DEMAISON

 

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